


Jimmy a huit ans.
Dans sa chambre, la lumière de la nuit découpe des formes étranges sur les murs. Les ombres semblent respirer. Mais lorsque ses yeux se ferment, le monde change. Ce n’est plus sa chambre. Ce n’est plus sa maison. C’est un ailleurs coloré, vaste, vibrant — un monde façonné par son imagination.
Ici, tout est possible.
Les arbres murmurent. Les collines ont des visages discrets. Les chemins serpentent à travers des paysages qui oscillent entre douceur enfantine et inquiétante étrangeté. Jimmy avance, petit et silencieux, au cœur de ce monde qu’il croit d’abord être un simple rêve.
Mais quelque chose ne va pas.
Au loin, une masse palpitante déforme l’horizon. Elle respire. Elle pulse. Elle dévore lentement les couleurs autour d’elle. Là où elle passe, les formes se tordent, les créatures deviennent agressives, et le sol lui-même semble perdre sa stabilité.
On l’appelle la Pulsating Mass.
Jimmy ne comprend pas encore ce qu’elle est. Il sait seulement qu’elle menace sa famille — car dans ce monde onirique, ses parents et sa sœur existent aussi, fragiles, dispersés, parfois perdus dans des zones altérées par la corruption.
Le premier combat éclate presque sans prévenir.
Une créature étrange, autrefois inoffensive, s’avance vers lui. Les règles du rêve se structurent soudainement en affrontement au tour par tour. Jimmy attaque timidement. Il apprend. Il encaisse. Il survit.
Il découvre alors quelque chose d’étrange.
En absorbant l’essence d’une créature vaincue, il peut en adopter la forme. Se transformer. Devenir autre chose. Chaque transformation ouvre un passage, une capacité, une nouvelle manière d’interagir avec le monde.
Ce rêve n’est pas passif.
Il évolue.
Et plus Jimmy avance, plus les décors deviennent instables. Certains endroits sont encore lumineux, presque joyeux. D’autres sont sombres, organiques, presque vivants. Comme si ce monde reflétait des émotions qu’il ne peut pas encore nommer.
La Pulsating Mass grandit.
Et Jimmy comprend que ce n’est pas un simple monstre.
C’est quelque chose de plus profond.
Quelque chose qui le connaît.



Le rêve ne suit aucune logique stable.
À mesure que Jimmy avance, les paysages changent sans transition. Une prairie lumineuse peut soudain céder la place à une forêt dense aux couleurs saturées, où les arbres semblent observer chaque pas. Les chemins se dédoublent, certains mènent à des villages étranges peuplés de créatures amicales, d’autres à des territoires distordus où la Pulsating Mass a déjà laissé son empreinte.
Jimmy retrouve parfois des fragments de sa famille.
Sa sœur apparaît dans un monde coloré, presque théâtral, où tout semble artificiel — décors suspendus, sourires figés, personnages exagérément expressifs. Elle agit comme si tout allait bien, comme si le danger n’était qu’un jeu. Mais derrière cette façade, une inquiétude demeure. Jimmy la sent. Ce monde protège, mais il cache aussi.
Plus loin, le ton change.
Les zones deviennent plus organiques, plus sombres. Les murs paraissent faits de chair et de souvenirs entremêlés. Les ennemis ne sont plus simplement étranges — ils semblent tristes, brisés, parfois en colère. Chaque combat devient plus intense, plus stratégique. Jimmy doit utiliser ses transformations avec intelligence. Une forme permet de traverser des obstacles, une autre d’encaisser les coups, une autre encore d’infliger des dégâts précis.
Le rêve devient système.
Le système devient lutte.
Et au centre de tout cela, la Pulsating Mass continue de croître.
Elle n’attaque pas toujours directement. Elle altère. Elle infiltre. Elle modifie les créatures et les lieux comme une infection silencieuse. Parfois, Jimmy aperçoit sa silhouette gigantesque au loin — une masse informe, pulsante, presque cosmique. Elle ne parle pas. Elle observe.
Plus Jimmy progresse, plus il comprend que ce monde reflète quelque chose de plus intime. Les différentes régions ne sont pas simplement des environnements variés : elles semblent liées à des émotions, à des souvenirs, à des peurs.
Il ne met pas encore de mots dessus.
Mais il ressent que la menace ne vient pas uniquement de l’extérieur.
Une nuit, dans une zone presque vide, Jimmy s’arrête. Le ciel du rêve est noir, percé de fissures lumineuses. Le sol tremble légèrement, comme un cœur qui bat trop vite.
La Pulsating Mass n’est plus une ombre lointaine.
Elle est proche.
Et le rêve commence à se fissurer.



Le monde change.
Ce n’est plus une succession de paysages étranges mais cohérents. Les transitions deviennent brutales. Les couleurs se délavent. Les formes se répètent comme des souvenirs mal rangés. Jimmy avance dans un espace qui semble perdre sa structure.
Les ennemis ne sont plus seulement corrompus.
Ils sont déformés.
Certains répètent les mêmes phrases encore et encore. D’autres attaquent sans logique, comme mus par une panique incompréhensible. Les combats deviennent plus exigeants. Les transformations de Jimmy ne suffisent plus à garantir la victoire : il doit réfléchir, anticiper, utiliser ses capacités au bon moment.
Chaque nouvelle forme acquise n’est pas un simple pouvoir.
C’est une adaptation.
Un moyen de survivre à un monde qui se désagrège.
Dans une région particulièrement instable, Jimmy retrouve son père. Mais quelque chose cloche. L’environnement autour de lui est rigide, presque mécanique. Les dialogues sont froids, répétitifs. Les gestes sont mesurés. Ce n’est pas un lieu chaleureux. C’est un espace de règles strictes, de tension silencieuse.
Jimmy ne comprend pas tout, mais il ressent le poids.
Plus loin encore, une zone plongée dans l’obscurité presque totale l’oblige à avancer lentement, prudemment. Les sons sont étouffés. Les ennemis surgissent sans prévenir. Le rêve n’a plus rien d’enfantin ici. Il est dense, oppressant.
Et toujours, au loin, la Pulsating Mass.
Elle n’est plus seulement gigantesque.
Elle semble consciente.
À certains moments, le décor entier se tord comme si elle respirait à travers lui. Les murs vibrent au rythme d’un battement sourd. Les couleurs se transforment en teintes organiques, presque viscérales. Jimmy comprend que le monde ne se contente plus d’être corrompu.
Il est envahi.
Pourtant, il continue.
Non pas parce qu’il est courageux au sens héroïque du terme, mais parce qu’il n’a pas d’autre choix. Sa famille est dispersée. Chaque région traversée est un fragment à stabiliser. Chaque victoire est une tentative de réparer ce qui se fissure.
Le rêve n’est plus un refuge.
Il est devenu un champ de bataille intérieur.
Et la Pulsating Mass n’est plus une menace abstraite.
Elle attend.



Le ciel du rêve s’ouvre lentement au-dessus de Jimmy, comme une toile que l’on déchire sans bruit. Plus il avance, plus le décor se simplifie autour de lui : les forêts disparaissent sans laisser de trace, les villages s’effacent comme des dessins que l’on gomme, et les mondes colorés se dissolvent dans une étendue presque vide. Il ne reste bientôt qu’un espace pâle, traversé de fissures lumineuses qui vibrent faiblement. Il n’y a plus de détour possible, plus d’illusions rassurantes pour masquer ce qui l’attend. Seulement une pulsation régulière, profonde, qui semble battre au rythme de son propre cœur.
Au loin, la Pulsating Mass domine désormais l’horizon sans se cacher derrière des paysages déformés. Elle flotte au centre d’un espace instable, immense, respirant lentement comme une entité vivante. Sa surface est en perpétuel mouvement : des visages indistincts émergent puis se dissolvent, des fragments de souvenirs scintillent à sa surface, des silhouettes familières apparaissent avant d’être englouties dans sa chair mouvante. En la regardant, Jimmy comprend que ce n’est pas un monstre ordinaire, ni une créature venue envahir un monde paisible. C’est quelque chose de plus profond, de plus intime.
À mesure qu’il s’approche, des souvenirs prennent forme autour de lui, comme projetés dans l’air. Des scènes de son quotidien surgissent brièvement : des disputes étouffées derrière des portes fermées, des silences lourds à table, des regards qui évitent les siens sans qu’il sache pourquoi. Il réalise alors que le rêve n’a jamais été un simple terrain d’aventure façonné par son imagination. Il a toujours été un refuge, un espace où son esprit tentait de donner une forme compréhensible à ce qu’il ne pouvait pas expliquer. Et la Pulsating Mass, tapie au centre de tout cela, s’est nourrie de la peur, de l’incompréhension, du chaos émotionnel qu’un enfant ne sait pas nommer.
Le combat final commence sans signal clair, comme si la confrontation avait toujours été inévitable. La créature attaque sans forme fixe, se fragmentant puis se reformant dans des configurations imprévisibles. Jimmy doit utiliser toutes ses transformations, toutes les compétences apprises, chaque stratégie acquise au cours de son voyage à travers le rêve. Chaque phase de l’affrontement semble incarner une émotion différente : la colère explose en attaques brutales, la tristesse alourdit ses mouvements, la confusion déforme l’espace, l’isolement tente de l’encercler dans un vide silencieux. Ce n’est pas seulement une bataille physique, mais une confrontation intérieure.
Pourtant, Jimmy ne cherche plus uniquement à détruire. Il résiste, il endure, il refuse d’être englouti par cette masse qui reflète ses propres tourments. Dans cette détermination, quelque chose bascule. La Pulsating Mass cesse progressivement d’attaquer avec rage ; sa pulsation ralentit, les fragments de souvenirs cessent de s’agiter violemment, et l’espace autour d’eux commence à se stabiliser. Elle ne disparaît pas totalement, mais elle se réduit, comme si elle perdait de sa puissance au moment même où elle est reconnue pour ce qu’elle est.
Peu à peu, le rêve se reconstruit autour de lui. Les fissures lumineuses se referment, les couleurs reviennent irriguer l’horizon, et les mondes autrefois fragmentés retrouvent une cohérence paisible. Jimmy retrouve sa famille, non plus dispersée dans des zones instables, mais réunie dans un espace calme, lumineux, presque neutre. Il comprend alors qu’il n’a pas détruit le chaos qui l’habitait ; il l’a affronté et accepté. Et parfois, comprendre suffit à empêcher l’obscurité de tout envahir.



La lumière est douce, pas aveuglante, pas artificielle, simplement réelle. Jimmy ouvre les yeux et reste immobile quelques secondes, comme s’il craignait que le monde autour de lui ne se mette à trembler. Le plafond de sa chambre est parfaitement stable, les murs ne respirent plus, le sol ne se fissure pas sous ses pieds. Aucun battement sourd ne résonne à l’horizon, aucune vibration étrange ne traverse l’air. Le silence est simple, presque fragile, et cette simplicité même lui paraît étrange.
Il attend sans bouger, le regard fixé vers le haut, s’attendant à voir apparaître une fissure dans l’air ou à sentir la pulsation revenir. Il s’imagine presque distinguer une silhouette déformée au coin de sa vision, comme si son esprit refusait d’abandonner complètement l’ombre qui l’habitait. Mais rien ne vient. Le calme persiste, intact. Le rêve est terminé, ou peut-être transformé en quelque chose de plus discret, de moins envahissant.
Jimmy se lève finalement et sort de sa chambre. La maison est calme, traversée par des voix lointaines — normales, humaines, imparfaites. Il ne comprend toujours pas tout ce que disent les adultes ; leurs mots sont parfois compliqués, chargés de tensions qu’il ne sait pas encore analyser. Pourtant, malgré cette incompréhension, il sent qu’un équilibre différent s’est installé en lui. Quelque chose a changé, sans bruit.
Il n’a plus peur du silence. Il ne ressent plus ce besoin immédiat de fuir dans son monde intérieur dès que la réalité devient confuse ou trop lourde. Le rêve n’était pas une simple aventure fantastique née de son imagination. C’était un mécanisme, une construction fragile de son esprit pour donner forme à ce qu’il ne pouvait pas exprimer avec des mots. La Pulsating Mass n’était pas un monstre extérieur tapi dans l’ombre ; elle était l’écho d’émotions trop grandes pour lui, trop complexes pour être comprises autrement.
Elle existe sans doute encore quelque part, comme toutes les peurs et toutes les incompréhensions. Mais elle ne domine plus. Elle n’impose plus son rythme à son cœur ni à ses pensées. Jimmy s’arrête devant la fenêtre et observe la lumière du jour qui éclaire la rue. Le monde réel n’est ni parfait ni parfaitement stable, mais il est tangible, solide sous ses yeux. Et pour la première fois, il ne ressent pas le besoin immédiat de s’en échapper.
Il inspire profondément, laissant l’air remplir ses poumons sans crainte. Le rêve l’a changé, non pas en héros ou en guerrier, mais en enfant capable d’affronter ce qu’il ressent. La Pulsating Mass ne pulse plus dans l’ombre de son esprit ; elle est devenue un souvenir, une forme qui a perdu sa toute-puissance simplement parce qu’elle a été regardée en face. Et parfois, c’est ainsi que l’on grandit.
Votre serviteur, TomuGame.

✅ Points positifs
- Symbolisme et sous-texte
Le jeu ne donne pas toutes les réponses directement.
Il pousse à interpréter, analyser et comprendre les métaphores. C’est un vrai RPG narratif psychologique. - Direction artistique unique
Le contraste entre zones colorées et environnements sombres fonctionne parfaitement.
Le style pixel art paraît simple au début, mais devient de plus en plus expressif et symbolique. - Une narration profonde et mature
L’histoire aborde des thèmes rares dans le jeu vidéo : traumatisme, émotions refoulées, dynamique familiale, perception d’un enfant face au chaos.
C’est touchant, parfois dérangeant, mais toujours intelligent.

❌ Points négatifs
- Rythme parfois inégal
Certaines zones peuvent sembler longues ou répétitives, surtout en exploration. - Narration implicite
Tout n’est pas expliqué clairement.
Certains joueurs pourraient être frustrés par le manque d’explications directes.
Jimmy and the Pulsating Mass: Jimmy and the Pulsating Mass est une œuvre sincère et ambitieuse qui se démarque par sa narration psychologique et son univers symbolique fort. Le jeu propose une histoire touchante, mature et intelligente, portée par une direction artistique simple mais expressive et une bande-son immersive. Cependant, malgré ses qualités narratives indéniables, l’expérience n’est pas parfaite. Le rythme peut être inégal, certaines zones s’étirent un peu trop, et le gameplay reste globalement classique dans sa structure. Les combats, bien que stratégiques grâce aux transformations, ne révolutionnent pas le genre. De plus, son style visuel minimaliste et son approche narrative implicite peuvent ne pas convenir à tous les joueurs. Au final, le jeu réussit à marquer par son atmosphère et son propos, mais il souffre de quelques limites techniques et ludiques qui empêchent d’atteindre l’excellence. C’est donc un bon RPG indépendant, profond et intéressant, mais qui ne plaira pas universellement ce qui justifie une note solide de 7/10. – TomuGame
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Mon Parcours dans le Monde des Jeux Vidéo
Bonjour à tous,
Je m’appelle Carrier Geoffrey (TomuGame), j’ai 36 ans et je suis passionné de jeux vidéo depuis mon plus jeune âge. Mon aventure dans le monde des jeux vidéo a commencé à l’âge de 3 ans. Voici mon historique de consoles : NES, Super Nintendo, Megadrive, Dreamcast, Playstation 1, Xbox, Xbox 360, Xbox One, Xbox Series X. Mon historique de consoles portables : Game Boy, Game Boy Color, Game Boy Advance, Sega Game Gear. Depuis, cette passion n’a cessé de grandir.
Mon pire jeu cette année est Prison Loop avec une note de (5/10) et mon meilleur est The Outer Worlds 2 avec un (9.5/10).
Merci de m’avoir écouté, et au plaisir de partager cette passion avec vous !



